Pourquoi Chopin ?
Chopin constitue un cas presque unique dans l'histoire de la musique. Mort à trente-neuf ans, il n' a composé que pour le piano si l'on excepte ses deux concertos pour piano, la grande polonaise brillante et sa sonate pour piano et violoncelle.
-------------Son nom de naissance est Fryderyk Franciszek Chopin, il adopta ses prénoms francisés Frédéric-François lorsqu'il quitta définitivement la Pologne pour Paris. Chopin est né à Żelazowa Wola le 1er mars 1810 (les registres paroissiaux mentionnent cependant la date du 22 février) près de Varsovie. Son père Nicolas Chopin (1771 — 1844 ),français, quitte la France pour la Pologne en 1787 et épouse Justyna Krzyżanowska, dame d'honneur de la comtesse Skarbek, en 1806. Frédéric est le second de quatre enfants ; ses trois s½urs sont prénommées Ludwika, Izabella et Emilia, qui disparaîtra à l'âge de quatorze ans.
-------------Dès son plus jeune âge, Chopin se montre passionné par le piano. Il passe des heures sous le clavicorde quand sa mère joue. À l'âge de six ans on lui trouve un professeur. Chopin a révélé très tôt de grandes dispositions pour la musique. Il possédait l'oreille absolue et faisait preuve d'une sensibilité exceptionnelle à la musique. Il commença donc son éducation musicale à six ans (1816) et composa sa première ½uvre, la polonaise en sol mineur, à l'âge de sept ans (1817). Il fit sa première apparition sur scène à huit ans, dans un salon aristocratique de Varsovie (1818).
-------------Par son don prodigieux, le petit Chopin, qui connaissait déjà dans son pays une certaine renommée, fut rapidement comparé à Mozart. Il étudia la musique tout d'abord avec Wojciech Żywny qui lui fit découvrir Jean-Sébastien Bach, et ensuite, à partir de 1826, au Conservatoire de Varsovie, principalement avec Wilhelm Wurfel pour le piano et l'orgue et Józef Elsner pour la composition et le contrepoint.
-------------Elève du Conservatoire et du Lycée de Varsovie (où son père était professeur), il se familiarisa avec la musique populaire polonaise en passant ses vacances dans différentes régions rurales de Pologne. Au cours de l'année 1825, Chopin est qualifié de meilleur pianiste de la ville, et il publie son premier numéro d'opus " le Rondo en ut mineur ". Ces trois années 1827-1829 correspondent à ses premiers succès de virtuose.
-------------En 1827 il s'inscrit au conservatoire en classe d'harmonie et de contrepoint.
Ses bulletins d'appréciation permettent de noter la progression.
1827: élève de 1 ère année, particulièrement doué. (mort de Beethoven)
1828 : élève de 2 ème année, aptitudes exceptionnelles. (mort de Schubert)
1829: élève de 3 ème année, aptitudes remarquables, génie musical....etc...
Il termina ses études musicales en 1829.
-------------Au cours de l'année 1827 sa s½ur Émilie tombe malade et meurt de la tuberculose le 10 avril 1827. Après le décès d'Emilia qui n'avait que quatorze ans, les Chopin déménagent. Ses compositions restent toutefois presque uniquement dédiées au piano.
Il compose tout de même un trio pour piano, violon et violoncelle, la sonate opus 4, mais que d'efforts pour se plier à la tradition.
En septembre 1828 il se rend à Berlin, où il écoute 5 opéras, et l'envie le prend de voyager pour éprouver son talent auprès des grands maîtres étrangers.
L'idée de voyager ne le quittera plus, jusqu'à son départ pour Vienne.
-------------Pour ce concert, Chopin doit improviser, l'orchestre n'arrivant pas à déchiffrer
le rondo à la krakoviak. Il interprète également ses variations " La ci darem".
C'est un succès ! Il est plusieurs fois rappelé. Il est invité par Czerny et accueilli
par le comte Lichnowski, le dernier ami resté fidèle à Beethoven.
Le 18 août il donne un second concert. Cette fois-ci tout se passe à merveille. L'orchestre interprète sans problème le rondo.
La presse lui fait des éloges:
" un maître de premier ordre " .
On souligne la délicatesse de son toucher, le fini de ses nuances,
" le virtuose favorisé par la nature "
À Varsovie la presse locale est peu enthousiasmée par ces succès étrangers.
-------------Qu'importe! À cette date Chopin est amoureux ! Il écrit à son ami Titus:
" C'est en pensant à elle que j'ai composé l'Adagio de mon concerto ..."
C'est son premier véritable amour, mais il n'ose le déclarer.
-------------Les comportements de Chopin sont assez paradoxaux. En public il a le trac, il est timide, délicat, réservé, mais il ne peut réfréné cet élan passionné que l'amour éveille en lui.
-------------Un deuxième concert a lieu cinq jours plus tard, avec le même succès.
Le 11 octobre 1830 il donne son dernier concert à Varsovie, et interprète le concerto en mi mineur. Il part le 2 novembre 1830.
Il ne reverra plus son pays...
-------------Une semaine après son arrivée à Vienne, l'insurrection éclate à Varsovie. Malgré son envie de rentrer en Pologne Chopin reste à Vienne. Il continue de penser à Constance. Un soir, torturé par la jalousie et la certitude de perdre son temps il se rend à la cathédrale St Étienne, sans doute pour prier.
Le Scherzo en Si mineur exprime ce déchirement.
-------------Il se retrouve seul, et il ressent l'hostilité de la population croître contre son pays. Peu à peu se dessine l'idée d'un voyage à Paris.
Ayant obtenu l'autorisation qu'il attendait, il quitte Vienne le 20 Juillet 1831, gardant de ses huit mois passés à Vienne, un sentiment d'échec personnel. Il passe par Linz et Salzbourg, puis Munich. Les nouvelles de son pays sont mauvaises. L'insurrection se meurt. En arrivant à Stuttgart, il apprend l'écrasement de l'insurrection, la prise et le sac de Varsovie par les troupes russes, le 18 septembre 1831.
" Que ne puis-je au moins tuer un moscovite ! "
La légende dit qu'en apprenant la nouvelle il se mit au piano et improvisa ce qui devait devenir l'étude révolutionnaire.
-------------Il écrit encore à Titus, son ami d'enfance:
" Que les tortures les plus cruelles tourmentent les Français qui ne nous ont pas secourus ! ".
Accablé de chagrin et de désespoir, il part pourtant pour Paris !
Après l'écrasement de l'insurrection par les troupes russes, Chopin part pour Paris. Sa colère envers les Français qui n'ont pas secouru son peuple est réelle.
-------------Mais à cette époque, Paris est la capitale de la musique.
De 1838 à 1847, il fut le compagnon de l'écrivaine George Sand (pseudonyme d'Aurore Dupin). Ils menèrent ensemble une vie mondaine, nourris d'admirations réciproques. Après un séjour hivernal dans de mauvaises conditions au monastère de Valldemossa (à Majorque,Espagne), durant lequel il composa entre autres son cycle des 24 préludes Op. 28 et sa 2e Ballade, la santé de Chopin, qui était tuberculeux, se dégrada considérablement malgré les soins et le dévouement inconditionnel de Sand. De retour en France, Chopin retrouva une bonne santé et, de 1839 à 1846, il séjourna souvent à Nohant, la magnifique résidence de campagne de George Sand non loin de La Châtre. Ce fut une période heureuse pour le pianiste qui y composa quelques unes de ses plus belles ½uvres : la Polonaise Héroïque , la 4e Ballade, la Barcarolle, les dernières Valses ...
-------------Pendant le mois de juillet 1847, le couple, qui ne connaissait plus depuis un certain temps la passion de leurs débuts, se sépara définitivement après que Chopin eut pris le parti de Solange, la fille de George Sand, dans une violente dispute familiale qui éclata à Nohant en l'absence du pianiste. Il ne reverra George Sand qu'une seule et dernière fois par hasard en 1848, mais restera jusqu'à la fin de sa vie très proche de Solange et de son mari Auguste Clesinger.
Particulièrement affaibli après cette rupture douloureuse, il fit quand même une dernière tournée en Angleterre et en Écosse organisée par son élève Jane Stirling. Ce voyage fut pour lui épuisant physiquement et moralement.
-------------Il rentra à Paris, très malade, et mourut quelques mois plus tard, le 17 octobre 1849, au 12 place Vendôme, des suites de sa maladie pulmonaire, à l'âge de 39 ans. Il fut enterré au cimetière du Père Lachaise. Selon ses dernières volontés, sa s½ur Ludwika qui était venue de Pologne juste avant qu'il meure, ramena à Varsovie son c½ur qui se trouve actuellement dans un cénotaphe de l'église Sainte-Croix.