Somaire

Somaire
Page 1 : Biographie de quatre compositeurs

Bach
Chopin
Beethoven
Schubert

Page 2 : Biographie de cinq interprètes

Rostropovitch
Barenboim
Jacqueline Du Pré
Oistrakh
Maurice André

Page 3 : Biographie de cinq interprètes

Haendel
Brahms
Schumann
Mendelssohn
Chostakovitch

Page 4 : trois jeunes prodiges

Lang Lang
David Kadouch
Yundi Li
Sondage
...




# Posté le jeudi 26 octobre 2006 12:05
Modifié le mardi 15 juillet 2008 14:49

Jean Sébastien Bach

Jean Sébastien Bach
En construction


------------ Jean-Sébastien Bach est né à Eisenach en Thuringe le 21 mars 1685, il est le huitième enfant d'une famille de musicien, orphelin à 9 ans, il est élevé par son frère aîné, organiste à Ohrdruf. Il étudit l'orgue, le clavecin et le violon. Il devient à 15 ans choriste à Lunebourg où il découvre la musique vocale polyphonique. Sa femme Maria Barbara,meurt le 7 juillet 1720 un an plus tard il se remarie avec Anna Magdalena Wilcken. Il eut 13 enfants, seulement 6 ont survécu avec Anna et ce ajouté aus 4 il avait eut avec Maria. Wilhelm Friedmann, Carl Philipp Emmanuel et Johann Christian.
Bach s'enspire des traditions musicales d'Allemagne, de France et d'Italie.


Ses ½uvre les plus connu :

Piano
-Les préludes et Fugues.(1722-1744)
-Variations de Goldberg

-Violoncelle
-Les 6 suites de Bach




Jean Sébastien Bach à dit :

«Le but de la musique devrait n'être que la gloire de Dieu et le délassement des âmes. Si l'on ne tient pas compte de cela, il ne s'agit plus de musique mais de nasillements et beuglements diaboliques.»
[ Jean Sébastien Bach ]



«J'ai beaucoup travaillé. Quiconque travaillera comme moi pourra faire ce que j'ai fait.»
[ Jean Sébastien Bach ]



«La musique : une harmonie agréable célébrant Dieu et les plaisirs permis de l'âme.»
[ Jean Sébastien Bach ]
# Posté le vendredi 13 avril 2007 13:49
Modifié le dimanche 13 mai 2007 09:18

Chopin

Pourquoi Chopin ?
Chopin constitue un cas presque unique dans l'histoire de la musique. Mort à trente-neuf ans, il n' a composé que pour le piano si l'on excepte ses deux concertos pour piano, la grande polonaise brillante et sa sonate pour piano et violoncelle.


-------------Son nom de naissance est Fryderyk Franciszek Chopin, il adopta ses prénoms francisés Frédéric-François lorsqu'il quitta définitivement la Pologne pour Paris. Chopin est né à Żelazowa Wola le 1er mars 1810 (les registres paroissiaux mentionnent cependant la date du 22 février) près de Varsovie. Son père Nicolas Chopin (1771 — 1844 ),français, quitte la France pour la Pologne en 1787 et épouse Justyna Krzyżanowska, dame d'honneur de la comtesse Skarbek, en 1806. Frédéric est le second de quatre enfants ; ses trois s½urs sont prénommées Ludwika, Izabella et Emilia, qui disparaîtra à l'âge de quatorze ans.

-------------Dès son plus jeune âge, Chopin se montre passionné par le piano. Il passe des heures sous le clavicorde quand sa mère joue. À l'âge de six ans on lui trouve un professeur. Chopin a révélé très tôt de grandes dispositions pour la musique. Il possédait l'oreille absolue et faisait preuve d'une sensibilité exceptionnelle à la musique. Il commença donc son éducation musicale à six ans (1816) et composa sa première ½uvre, la polonaise en sol mineur, à l'âge de sept ans (1817). Il fit sa première apparition sur scène à huit ans, dans un salon aristocratique de Varsovie (1818).

-------------Par son don prodigieux, le petit Chopin, qui connaissait déjà dans son pays une certaine renommée, fut rapidement comparé à Mozart. Il étudia la musique tout d'abord avec Wojciech Żywny qui lui fit découvrir Jean-Sébastien Bach, et ensuite, à partir de 1826, au Conservatoire de Varsovie, principalement avec Wilhelm Wurfel pour le piano et l'orgue et Józef Elsner pour la composition et le contrepoint.

-------------Elève du Conservatoire et du Lycée de Varsovie (où son père était professeur), il se familiarisa avec la musique populaire polonaise en passant ses vacances dans différentes régions rurales de Pologne. Au cours de l'année 1825, Chopin est qualifié de meilleur pianiste de la ville, et il publie son premier numéro d'opus " le Rondo en ut mineur ". Ces trois années 1827-1829 correspondent à ses premiers succès de virtuose.

-------------En 1827 il s'inscrit au conservatoire en classe d'harmonie et de contrepoint.
Ses bulletins d'appréciation permettent de noter la progression.
1827: élève de 1 ère année, particulièrement doué. (mort de Beethoven)

1828 : élève de 2 ème année, aptitudes exceptionnelles. (mort de Schubert)
1829: élève de 3 ème année, aptitudes remarquables, génie musical....etc...
Il termina ses études musicales en 1829.

-------------Au cours de l'année 1827 sa s½ur Émilie tombe malade et meurt de la tuberculose le 10 avril 1827. Après le décès d'Emilia qui n'avait que quatorze ans, les Chopin déménagent. Ses compositions restent toutefois presque uniquement dédiées au piano.
Il compose tout de même un trio pour piano, violon et violoncelle, la sonate opus 4, mais que d'efforts pour se plier à la tradition.
En septembre 1828 il se rend à Berlin, où il écoute 5 opéras, et l'envie le prend de voyager pour éprouver son talent auprès des grands maîtres étrangers.
L'idée de voyager ne le quittera plus, jusqu'à son départ pour Vienne.

-------------Pour ce concert, Chopin doit improviser, l'orchestre n'arrivant pas à déchiffrer
le rondo à la krakoviak. Il interprète également ses variations " La ci darem".
C'est un succès ! Il est plusieurs fois rappelé. Il est invité par Czerny et accueilli
par le comte Lichnowski, le dernier ami resté fidèle à Beethoven.
Le 18 août il donne un second concert. Cette fois-ci tout se passe à merveille. L'orchestre interprète sans problème le rondo.
La presse lui fait des éloges:
" un maître de premier ordre " .
On souligne la délicatesse de son toucher, le fini de ses nuances,
" le virtuose favorisé par la nature "
À Varsovie la presse locale est peu enthousiasmée par ces succès étrangers.

-------------Qu'importe! À cette date Chopin est amoureux ! Il écrit à son ami Titus:

" C'est en pensant à elle que j'ai composé l'Adagio de mon concerto ..."

C'est son premier véritable amour, mais il n'ose le déclarer.
-------------Les comportements de Chopin sont assez paradoxaux. En public il a le trac, il est timide, délicat, réservé, mais il ne peut réfréné cet élan passionné que l'amour éveille en lui.
-------------Un deuxième concert a lieu cinq jours plus tard, avec le même succès.
Le 11 octobre 1830 il donne son dernier concert à Varsovie, et interprète le concerto en mi mineur. Il part le 2 novembre 1830.
Il ne reverra plus son pays...
-------------Une semaine après son arrivée à Vienne, l'insurrection éclate à Varsovie. Malgré son envie de rentrer en Pologne Chopin reste à Vienne. Il continue de penser à Constance. Un soir, torturé par la jalousie et la certitude de perdre son temps il se rend à la cathédrale St Étienne, sans doute pour prier.
Le Scherzo en Si mineur exprime ce déchirement.

-------------Il se retrouve seul, et il ressent l'hostilité de la population croître contre son pays. Peu à peu se dessine l'idée d'un voyage à Paris.
Ayant obtenu l'autorisation qu'il attendait, il quitte Vienne le 20 Juillet 1831, gardant de ses huit mois passés à Vienne, un sentiment d'échec personnel. Il passe par Linz et Salzbourg, puis Munich. Les nouvelles de son pays sont mauvaises. L'insurrection se meurt. En arrivant à Stuttgart, il apprend l'écrasement de l'insurrection, la prise et le sac de Varsovie par les troupes russes, le 18 septembre 1831.

" Que ne puis-je au moins tuer un moscovite ! "


La légende dit qu'en apprenant la nouvelle il se mit au piano et improvisa ce qui devait devenir l'étude révolutionnaire.
-------------Il écrit encore à Titus, son ami d'enfance:
" Que les tortures les plus cruelles tourmentent les Français qui ne nous ont pas secourus ! ".

Accablé de chagrin et de désespoir, il part pourtant pour Paris !
Après l'écrasement de l'insurrection par les troupes russes, Chopin part pour Paris. Sa colère envers les Français qui n'ont pas secouru son peuple est réelle.

-------------Mais à cette époque, Paris est la capitale de la musique.
De 1838 à 1847, il fut le compagnon de l'écrivaine George Sand (pseudonyme d'Aurore Dupin). Ils menèrent ensemble une vie mondaine, nourris d'admirations réciproques. Après un séjour hivernal dans de mauvaises conditions au monastère de Valldemossa (à Majorque,Espagne), durant lequel il composa entre autres son cycle des 24 préludes Op. 28 et sa 2e Ballade, la santé de Chopin, qui était tuberculeux, se dégrada considérablement malgré les soins et le dévouement inconditionnel de Sand. De retour en France, Chopin retrouva une bonne santé et, de 1839 à 1846, il séjourna souvent à Nohant, la magnifique résidence de campagne de George Sand non loin de La Châtre. Ce fut une période heureuse pour le pianiste qui y composa quelques unes de ses plus belles ½uvres : la Polonaise Héroïque , la 4e Ballade, la Barcarolle, les dernières Valses ...

-------------Pendant le mois de juillet 1847, le couple, qui ne connaissait plus depuis un certain temps la passion de leurs débuts, se sépara définitivement après que Chopin eut pris le parti de Solange, la fille de George Sand, dans une violente dispute familiale qui éclata à Nohant en l'absence du pianiste. Il ne reverra George Sand qu'une seule et dernière fois par hasard en 1848, mais restera jusqu'à la fin de sa vie très proche de Solange et de son mari Auguste Clesinger.
Particulièrement affaibli après cette rupture douloureuse, il fit quand même une dernière tournée en Angleterre et en Écosse organisée par son élève Jane Stirling. Ce voyage fut pour lui épuisant physiquement et moralement.

-------------Il rentra à Paris, très malade, et mourut quelques mois plus tard, le 17 octobre 1849, au 12 place Vendôme, des suites de sa maladie pulmonaire, à l'âge de 39 ans. Il fut enterré au cimetière du Père Lachaise. Selon ses dernières volontés, sa s½ur Ludwika qui était venue de Pologne juste avant qu'il meure, ramena à Varsovie son c½ur qui se trouve actuellement dans un cénotaphe de l'église Sainte-Croix.
# Posté le dimanche 13 mai 2007 08:38
Modifié le mercredi 13 juin 2007 05:49

Beethoven

Beethoven
Ludwig van Beethoven a été baptisé le 17 décembre 1770 à Bonn. Sa famille était originaire du Brabant, en Belgique. Son père était musicien à la Cour de Bonn, avec un penchant certain pour la boisson. Sa mère a toujours été décrite comme une femme douce, effacée et attentionnée. Beethoven disait d'elle qu'elle était "sa meilleure amie". La famille Beethoven eut sept enfants, mais seuls trois garçons survivront, dont Ludwig sera l'aîné.

Très tôt, Ludwig s'intéresse à la musique, et son père l'instruit jour et nuit, lorsqu'il rentre à la maison après les répétitions ou la taverne. Le don de l'enfant ne fait aucun doute, et son père Johann envisage d'en faire un nouveau Mozart, un enfant prodige.

Le 26 mars 1778, à l'âge de sept ans et demi, Beethoven effectue son premier concert public connu, à Cologne. Pour l'occasion, son père annonce qu'il a six ans. De ce fait, Beethoven pensera toujours être plus jeune qu'en réalité. Même bien plus tard, lorsqu'il recevra une copie de son acte de baptême, il estimera qu'il s'agit de celui de son frère Ludwig Maria né deux ans avant lui et décédé en bas âge.

Mais les capacités pédagogiques et musicales du père sont limitées. Bientôt Ludwig apprendra la musique, notamment l'orgue et la composition, auprès de musiciens renommés, tels que Christian Gottlob Neefe. Ce dernier prendra totalement conscience des capacités extraordinaires de Beethoven. Il lui fera également connaître, au delà de la musique, les philosophes anciens et modernes.

C'est en 1782, au cours de sa douzième année, que Beethoven publie sa première ½uvre : 9 variations, en do mineur, pour piano sur une marche de Ernst Christoph Dressler (WoO 63). Et c'est l'année suivante, en 1783, que Neefe écrit dans le "Magazine de la musique", au sujet de son élève :

"S'il continue ainsi, il sera sans aucun doute un nouveau Mozart".


En juin 1784, sur les recommandations de Neefe, Ludwig est nommé organiste à la cour de Maximilian Franz, Prince électeur de Cologne. Il n'a alors pas encore quatorze ans. Cette place lui permet de fréquenter un autre milieu que celui de sa famille et des amis de son père. Il rencontre alors des amis qu'il gardera toute sa vie : la famille Ries, la famille von Breuning et la charmante Eleonore, Karl Amenda, le violoniste, Franz Gerhard Wegeler, ami médecin qui ira également à Vienne, etc.

A la maison, peu à peu, Ludwig remplace son père. Financièrement tout d'abord, car Johann, souvent pris de boisson, est de moins en moins capable d'assumer sa place au foyer et sa fonction à la Cour. Le jeune Beethoven se sentira responsable de ses deux frères, et il assumera cette responsabilité toute sa vie, parfois même jusqu'à l'outrance.

Conscient lui aussi du don de Beethoven, c'est à ses frais que le Prince Maximilian Franz l'envoie à Vienne, en 1787, pour rencontrer Mozart et parfaire son éducation musicale. Vienne est alors la ville phare de la culture musicale. De la rencontre entre Mozart et de Beethoven, il n'existe que des textes à la véracité incertaine. Mozart aurait dit :

"N'oubliez pas ce nom, vous en entendrez parler !".


Mais une lettre rappelle Beethoven à Bonn : sa mère est mourante. La seule personne de sa famille avec laquelle il avait créé des liens affectueux forts et réciproques s'éteint le 17 juillet 1787.

Cinq ans plus tard, en 1792, Beethoven repart à Vienne, bénéficiant d'une rente assurée par le Prince Electeur pendant deux ans, toujours pour développer son érudition musicale. Il ne reverra jamais plus sa ville natale. Son ami Waldstein lui écrit ces mots :

"... Recevez des mains de Haydn l'esprit de Mozart"...


A Vienne, le jeune musicien prend des leçons avec Haydn, puis avec Albrechtsberger et Salieri. Il étonne et séduit Vienne par sa virtuosité et ses improvisations au piano. En 1794, Beethoven compose son opus 1, trois trios pour Piano. L'année suivante, Beethoven organise sa première représentation publique à Vienne (une "Académie") au cours de laquelle il y joue ses propres ½uvres. Puis suivra une tournée : Prague, Dresden, Leipzig et Berlin avant de partir pour un concert à Budapest.

Les rencontres que fait Beethoven à Vienne sont nombreuses. Tout le monde de la musique et de l'aristocratie admire le jeune compositeur. Ces mélomanes seront les plus grands soutiens de Beethoven. Il se fâchera régulièrement avec les uns et les autres, puis fera très souvent amende honorable. Son talent excusera son comportement excessif et impulsif.

En 1800, Beethoven organise un nouveau concert à Vienne comprenant, notamment, l'exécution de sa première symphonie. Bien qu'aujourd'hui nous la considérons classique dans sa conception et proche des symphonies de Mozart et de Haydn, certains auditeurs trouvèrent cette composition étrange, osée, outrée. Le génie de Beethoven, qui n'est pas encore pleinement exposé à cette époque, pointe déjà, repoussant les usages musicaux établis.

C'est en 1801 que Beethoven avoue à ses amis de Bonn sa crainte de devenir sourd. A Heiligenstadt, en 1802, il rédige un texte célèbre dans lequel il explique sa révolte face au drame qu'il vit : lui, un musicien, devenir sourd, voilà une fatalité à laquelle il ne souhaite pas survivre. Mais la musique le rappelle. Et il écrit qu'il sait avoir beaucoup d'autres domaines musicaux à explorer, à découvrir, et à léguer. Beethoven ne se suicidera pas, fera connaître peu à peu son handicap grandissant, et il se jettera dans la composition d'½uvres grandioses : d'exceptionnelles sonates pour pianos (notamment la Tempête et la Chasse, opus 31), la deuxième et la troisième symphonie - L'Eroïca - et bien d'autres encore

Cette troisième symphonie, Beethoven l'écrit en hommage à un grand homme, Bonaparte. Celui-ci est alors considéré comme le libérateur des peuples, issu de la Révolution Française, porteuse d'espoir. Lorsque le Premier Consul se déclarera Empereur, Beethoven effacera rageusement le nom de Bonaparte de la dédicace de cette symphonie.
Le 7 avril 1805 sera la première interprétation publique de la symphonie Héroïque.

Par ailleurs, Beethoven a enfin terminé son opéra, Leonore, le seul qu'il écrira. Il le corrigera et écrira 4 ouvertures différentes. Le nom de l'opéra deviendra alors Fidelio, contre la volonté du compositeur. Le 20 novembre 1805 se déroulera la première... devant un public clairsemé d'officiers Français. Car Napoléon, à la tête de son armée, a pris Vienne une première fois. Cela se reproduira en 1809.

Les années suivantes, l'activité créatrice du compositeur est intense. Il compose plusieurs symphonies, dont la Pastorale, l'ouverture de Coriolan, la fameuse Lettre pour Elise. Il prend quelques élèves, qu'il trouvera jeunes et belles et dont il tombera parfois amoureux. L'Archiduc Rudolphe, frère de l'empereur, devient également son élève, son ami, et bientôt l'un de ses protecteurs.

En 1809, Beethoven songe à quitter Vienne sur l'invitation de Jérome Bonaparte. Son amie de toujours, la Comtesse Anna Marie Erdödy, le retient avec l'aide de ses plus fortunés admirateurs : l'Archiduc Rodolphe, le Prince Lobkowitz et le Prince Kinsky. Ces derniers s'engagent à verser à Beethoven une rente annuelle de 4 000 florins, lui permettant de vivre sans contrainte financière. L'unique condition est que le compositeur devra ne pas quitter Vienne. Beethoven accepte. Cette rente fera de lui le premier compositeur indépendant. Avant ce contrat, que ce soit Bach, Mozart ou Haydn, les musiciens et les compositeurs étaient des serviteurs au sein d'une maison d'un riche aristocrate. Un domestique sans plus de droit que les autres, mais avec des devoirs de compositions et de représentations. Une ère nouvelle voit ainsi le jour pour la musique : le compositeur est libre d'écrire quand il veut, ce qu'il veut, sur commande ou non.

En 1812, Beethoven prend les eaux à Teplitz, et rédige une lettre ardente à "L'immortelle bien-aimée". Cette lettre, qu'on retrouva dans un tiroir secret avec la testament d'Heiligenstadt, n'a pas fini de susciter les recherches et les suppositions des biographes du musicien. Nombreuses sont ses élèves et ses amies qui ont, tour à tour, été proposée comme étant la destinataire de cette lettre. A moins qu'un nouveau document ne soit découvert, comme cela est encore parfois le cas dans les salles de vente ou une collection privée, il est fort probable que le secret amour de Beethoven soit préservé.

Fin juillet 1812, Beethoven rencontre Goethe, à l'initiative de Bettina Brentano. Les deux grands hommes s'admirent mais ne se comprennent pas. Le compositeur trouve le poète - conseiller trop servile, et ce dernier estime que Beethoven est " tout à fait indompté ". Beethoven admire Goethe, et mettra en musique plusieurs de ses poèmes. Il gardera toujours un regret de ne pas s'être mieux entendu avec Goethe.

Mais l'un de ses protecteurs, le Prince Lobkowitz, éprouve des difficultés financières, et le Prince Kinski meurt d'un chute de cheval et les descendants tentent de se défaire de l'obligation financière envers Beethoven. Ce sera le début de plusieurs procès que le compositeur intentera pour sauvegarder son indépendance financière. D'autres suivront pour des motifs différents.

Le tchèque Johann Nepomuk Maelzel prend alors contact avec Beethoven. Inventeur génial, probable inventeur du métronome, Maelzel avait déjà rencontré Beethoven et créé divers outils pour soutenir Beethoven et l'aider dans son audition défaillante : cornets acoustiques, systèmes d'écoute raccordés au piano, etc. En 1813, Beethoven compose 'La victoire de Wellington', ½uvre réalisée pour un instrument mécanique de Maelzel, le "Panharmonica" (ou "Panharmonicon"). Mais c'est surtout le métronome qui fera évoluer la musique, et Beethoven, qui en a tout de suite saisi l'intérêt, annotera scrupuleusement nombre de ses partitions afin que ses ½uvres soient interprétées comme il le souhaite.

L'Académie de 1814 présentera cette oeuvre ainsi que les septième et la huitième symphonies. Ce sera également la réécriture de Leonore en Fidelio, seul opéra de Beethoven, qui remportera enfin le succès auprès du public.

Le 15 novembre 1815, Kaspar Karl, le frère de Beethoven, décède. Il laisse une femme que le compositeur surnommera "La reine de la nuit" en raison des m½urs de la veuve, ainsi qu'un fils, Karl, qui a neuf ans. La vie de Beethoven va alors changer, car son frère avait inscrit sur son testament qu'il souhaitait que la tutelle de son fils soit exercée conjointement par sa femme et par Ludwig, son frère. Ce dernier prendra son rôle très au sérieux, mais le célibataire de quarante cinq ans qui n'entend plus aura bien du mal à cohabiter et à comprendre l'enfant puis le jeune homme. Cette cohabitation sera source de nouveaux procès avec la mère de l'enfant, de conflits de générations et de nombreux tracas.

En 1816, Carl Czerny (futur maître de Franz Liszt), élève de Beethoven deviendra le professeur de musique de Karl, mais sans rencontrer le succès espéré par le grand compositeur. A cette époque, il termine le cycle de lieders "A la bien-aimée lointaine" et ébauche un premier thème pour la neuvième symphonie.

Deux ans plus tard, l'Archiduc Rodolphe accède au cardinalat et Beethoven commence la composition de la Messe en ré. Elle ne sera pas prête pour l'intronisation, mais l'½uvre sera d'une incomparable richesse.

Gioachino Rossini fait un triomphe à Vienne à 1822 et il rencontrera Beethoven. La barrière du langage et la surdité de Beethoven ne permettront qu'un échange bref. Le compositeur viennois n'appréciait que modérément l'opéra italien, qu'il considérait comme peu sérieux.

La neuvième symphonie sera pratiquement achevée en 1823, la même année que la Missa solemnis. Liszt, qui a alors onze ans, rencontrera Beethoven, qui assistera peut-être à son concert du 13 avril. Il félicitera chaleureusement le jeune virtuose qui, des années plus tard, transcrira l'intégralité des symphonies de Beethoven pour le piano.

Le 7 mai 1824 sera la date de la première interprétation de la neuvième symphonie et malgré les difficultés musicales, mais également celles des parties chantées, ce sera un succès. Malheureusement sans retombées financières. Les ennuis financiers n'ont de cesse de miner le compositeur. Il a bien de l'argent de côté, mais il le garde pour son neveu.

Ce sera ensuite l'époque des derniers quatuors, si difficiles encore pour le public d'aujourd'hui qui sait pourtant apprécier les autres oeuvres. La dixième symphonie est mise en chantier.

Fin 1826, Beethoven prendra froid en rentrant de chez son frère, avec lequel il s'est encore disputé. La maladie compliquera les autres maux dont Beethoven a souffert tout au long de sa vie. Il s'éteindra entouré de ses plus chers amis, le 26 mars 1827, alors qu'un orage se déchaîne.

La cérémonie funèbre se déroula à l'église de la Sainte Trinité. On estime que entre 10 000 à 30 000 personnes se sont réunies pour accompagner Ludwig van Beethoven vers sa dernière demeure. Franz Schubert, timide et grand admirateur du grand compositeur sans l'approcher, sera l'un des porteurs de flambeau avec de nombreux autres musiciens. Schubert décédera l'année suivante et sera enterré à côté de Beethoven.
# Posté le dimanche 13 mai 2007 10:29
Modifié le mercredi 13 juin 2007 05:50

Schubert

Schubert
Un génie de la musique... pas sortie d'une famille de musicien !


Il est le douzième enfant de 14 dont 5 survivent. Son père, Franz Theodor Florian Schubert est maître d'école, sa mère, Elisabeth Vietz est cuisinière. Ils se sont mariés le17 janvier 1785 à l'église paroissiale de Lichtental. En 1786, Schubert père est nommé instituteur à l'école paroissiale de Himmelpfortgrund. En 1801, les Schubert s'installent à quelques pas dans leur propre maison dans le Säulengasse.

Il suit sa première scolarité avec son père qui lui enseigne entre autres le latin, les mathématiques et le violon. Son frère Ignaz lui donne les premiers rudiments de piano. Il est aussi pendant deux années l'élève de Michael Holzer, l'organiste de l'église de Lichtental, qui lui enseigne à jouer l'orgue, à chanter et à composer.

Le 28 mai 1808 Le «Wiener Zeitung» annonce la vacance de 2 pupitres de jeunes choristes à la chapelle impériale. Le premier octobre Schubert réussit le concours. En tant que jeune choriste, il est interne au Stadtkonvikts à Vienne dirigé par Innozenz Lang où il suit ses études secondaires jusqu'en 1813. Le Stadtkonvikts est une institution austère des Piaristes, congrégation religieuse vouée à l'éducation. Il a Antonio Salieri comme professeur de musique. Il participe à l'orchestre de chambre comme second puis premier violon. Il compose en cachette pour ne pas contrevenir aux choix de son père. Sa plus ancienne composition connue et la Fantaisie en sol pour piano à quatre mains, datée d'avril-mai 1810. Au collège il rencontre Joseph von Spaun, qui plus âgé de neuf ans termine ses études de droit.

Il semble qu'à l'occasion de mauvais résultats scolaires Schubert père découvre les activités de son fils. Il y aurait eu brouille puis réconciliation. Toujours est-il que Schubert peut continuer ses études musicales auprès de Salieri. Il peut entendre ses oeuvres jouées par l'orchestre du collège (dirigé par Wenzel Rudiczjka, organiste de la cour) ou le petit orchestre familial.

En 1813 il suit le stage d'instituteur à l'école de Sainte-Anne. Il obtient son certificat de sous-maître d'école à l'automne 1814. Pendant cette année il a achevé sa Première symphnie en ré majeur, le Septième quatuor, le Huitième, et le Dixième quatuor à cordes en mi bémol majeur, des Lieder sur des poèmes de Matthisson, esquisse un opéra, et termine sa Messe en fa majeur qui est jouée le 16 octobre à l'église de Lichtental où Thérèse Gotlob qu'il pense épouser chante le soprano. Le 19 octobre il signe la Margueritte au rouet sur un poème de Goethe.

A l'automne 1814 il a un poste de sous-maître d'école auprès de son père. A la fin de l'année, Spaun lui fait connaître le poète Johann Mayrhofer.

L'année 1815 est extrêmement féconde : quatre opéras, deux symphonies, deux messes, un quatuor à corde, deux sonates pour piano, des choeurs, 140 Lieder dont Le Roi des Aulnes, de nombreuses pièces pour piano. A la fin de l'année il postule un poste de professeur au conservatoire de Laybach (Ljubljana), il sollicite le soutien de Salieri qui parraine un autre candidat.

En juin 1816 il reçoit sa première commande : une cantate rémunérée cent florins (le double de son salaire annuel). Il fait la connaissance de Vogl, célèbre chanteur qui fera la célébrité de ses Lieder.

En 1817 il obtient un congé d'une année. Il donne des cours de musique à Marie Esterhazy, et accompagne la famille dans son chäteau de Zelesz en Hongrie, l'été 1818. A son retour, il refuse de reprendre son emploi de maître d'école. Il vit dans différentes chambres meublées que ses amis et son frère mettent à sa disposition à Vienne. Les commandes, l'aide de ses amis, l'édition de ses oeuvres, le mettent à l'abri du besoin.

A parti de 1819, Ignaz Sonnleithner, l'ami des musiciens, l'introduit dans la maison des soeurs Fröhlich et s'emploie à faire connaître la musique de Schubert qui gagne en notoriété dans les salons viennois où l'on organise les fameuses Schubertiades, des soirées musicales autour de ses musiques. En 1919, il compose le quintette La Truite.

En 1820, ses opéras La Harpe enchantée et Les Frères Jumeaux sont des échecs.Il n'aura jamais de succès sur la scène lyrique.

En 1823 les premiers symptômes de la syphilis alors incurable se déclarent. En 1824 il fait un second séjour en Hongrie chez les Esterhazy. En 1825 il voyage au Tyrol avec Vogl. En 1826 il achève son quatuor en ré mineur, La Jeune fille et la mort. Il est à Graz en 1827. Le 29 mars il participe comme porteur de torche à l'enterrement de Beethoven.

Certains (Maynard Solomon) pensent qu'il était homosexuel, mais d'autres chercheurs tels que Rita Steblin pensent le contraire, avançant qu'il se serait peut-être marié s'il n'avait été victime du système de Metternich qui avait édicté en 1815 une loi qui lui rendait, comme à des milliers d'autres, le mariage impossible (Ehe-Consensgesetz). En 1822-23, Schubert
tombe malade de la typhoïde, et sa santé ne cesse alors de se dégrader. Il tire de son malheur une musique de plus en plus profonde et émouvante, au plus près de la souffrance et de la mort qui le guette (La jeune fille et la mort, Voyage d'hiver). Franz Schubert meurt, le 19 novembre 1828, un an et demi après Beethoven pour lequel il a éprouvé, sa vie durant, un respect et une admiration sans limites.
# Posté le dimanche 13 mai 2007 10:59
Modifié le dimanche 13 mai 2007 11:12